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Bonus-malus : comment se calcule le coefficient et comment le faire baisser

Le bonus-malus multiplie votre prime d'assurance auto par un coefficient qui démarre à 1 : il baisse de 5 % par an sans accident responsable jusqu'à 0,50, et augmente de 25 % par sinistre responsable, dans la limite de 3,50. Voici comment le calculer et le faire baisser.

  • Par l'équipe TB & Group
  • Mis à jour le
  • 8 min de lecture
Les mains d'un conducteur sur le volant, face à une route côtière au coucher du soleil

L'essentiel

  • Le coefficient de départ est de 1 et baisse de 5 % par année sans sinistre responsable.
  • Le meilleur bonus, 0,50, est atteint au bout de 13 ans sans accident responsable.
  • Un sinistre responsable majore le coefficient de 25 %, ou de 12,5 % si la responsabilité est partagée.
  • Deux années consécutives sans sinistre responsable suffisent pour qu'un malus revienne à 1.

Qu'est-ce que le bonus-malus en assurance auto ?

Le bonus-malus est le nom courant du coefficient de réduction-majoration (CRM). Il est fixé par une clause type que tous les assureurs auto doivent appliquer, annexée au Code des assurances. Son principe est simple : récompenser les conducteurs qui n'ont pas d'accident responsable et faire payer davantage ceux qui en provoquent.

Concrètement, l'assureur calcule d'abord une prime de référence selon votre véhicule, votre usage, votre lieu de stationnement et votre profil. Il la multiplie ensuite par votre coefficient. Avec un coefficient de 0,50, vous payez la moitié de la prime de référence ; avec 1,25, vous payez 25 % de plus.

Le coefficient s'applique à la prime de référence, mais celle-ci varie d'un assureur à l'autre, tout comme le prix des options qui ne relèvent pas forcément du bonus-malus. C'est pourquoi deux conducteurs au même bonus peuvent payer des primes très différentes : la comparaison des contrats d'assurance auto reste indispensable.

Comment se calcule le bonus année après année ?

Un conducteur qui s'assure pour la première fois démarre à 1. À chaque échéance annuelle, si aucun accident dont vous êtes responsable n'a été déclaré pendant la période de référence, votre coefficient est multiplié par 0,95, soit une baisse de 5 %. Le résultat est arrondi à la deuxième décimale, par défaut.

La période de référence correspond en principe aux 12 mois consécutifs qui précèdent de deux mois l'échéance annuelle du contrat. Un accident survenu juste avant votre échéance peut donc n'être pris en compte qu'à l'échéance suivante.

Évolution du coefficient bonus-malus sans aucun sinistre responsable
Année d'assuranceCoefficientRéduction sur la prime
Départ1,000 %
Après 1 an0,955 %
Après 2 ans0,9010 %
Après 3 ans0,8515 %
Après 5 ans0,7624 %
Après 8 ans0,6436 %
Après 10 ans0,5743 %
Après 13 ans0,5050 %

Le plancher de 0,50 est le meilleur coefficient possible : il est atteint après 13 années sans sinistre responsable, et il ne peut pas descendre plus bas. Une protection supplémentaire existe : si vous êtes resté au moins trois ans à 0,50, votre premier sinistre responsable n'entraîne pas de majoration.

Comment se calcule le malus après un accident responsable ?

Chaque sinistre dont vous êtes entièrement responsable multiplie votre coefficient par 1,25, soit une hausse de 25 %. Si la responsabilité est partagée, la majoration est de moitié : le coefficient est multiplié par 1,125, soit une hausse de 12,5 %. Plusieurs sinistres sur la même période s'additionnent par multiplications successives.

Le coefficient ne peut jamais dépasser 3,50. Ce plafond limite la hausse, mais un conducteur à ce niveau paie tout de même trois fois et demie la prime de référence, et risque d'être résilié par son assureur.

Exemples de calcul du malus après un ou deux sinistres
SituationCalculNouveau coefficient
Coefficient 1,00, un accident responsable1,00 × 1,251,25
Coefficient 1,00, deux accidents responsables1,00 × 1,25 × 1,251,56
Coefficient 0,76, un accident responsable0,76 × 1,250,95
Coefficient 0,76, responsabilité partagée0,76 × 1,1250,85
Coefficient 0,50 depuis moins de 3 ans, un accident responsable0,50 × 1,250,62

Comme le montre l'exemple à 0,76, un accident responsable ne vous fait pas forcément perdre tout votre bonus : il efface environ quatre années de réduction. C'est l'une des raisons pour lesquelles il faut toujours réfléchir avant de déclarer un petit sinistre responsable.

Quels sinistres n'ont aucun impact sur le bonus-malus ?

Seuls les sinistres engageant votre responsabilité, totale ou partielle, font augmenter le coefficient. De nombreux événements sont donc neutres pour votre bonus, même s'ils donnent lieu à une indemnisation.

  • Un accident dont l'autre conducteur est entièrement responsable, par exemple si vous êtes percuté à l'arrêt.
  • Un bris de glace seul, comme un pare-brise fissuré par un gravillon.
  • Un vol ou une tentative de vol, ainsi qu'un incendie dont vous n'êtes pas à l'origine.
  • Un dommage causé par une catastrophe naturelle ou un événement climatique couvert.
  • Un accident causé par un conducteur non identifié ou en fuite, lorsque votre absence de responsabilité est établie.
  • Un sinistre lors duquel le véhicule était en stationnement régulier et sans faute de votre part.

Attention toutefois : même neutres pour le coefficient, ces sinistres apparaissent sur votre relevé d'information. Une fréquence élevée de déclarations peut conduire un assureur à résilier votre contrat à l'échéance ou à revoir son tarif. Le bonus-malus n'est donc pas le seul indicateur qui compte.

Comment faire baisser son malus et retrouver un bon bonus ?

La clause type prévoit une règle favorable : après deux années consécutives sans sinistre responsable, un coefficient supérieur à 1 redescend directement à 1. Un conducteur malussé n'a donc pas besoin d'attendre des années pour effacer ses majorations. Ensuite, la baisse de 5 % par an reprend normalement.

Les leviers concrets pour protéger votre coefficient

  1. Pour un petit dommage responsable, comparez le coût de la réparation avec la hausse de prime sur plusieurs années avant de déclarer. Payer soi-même peut être plus avantageux.
  2. Remplissez soigneusement le constat amiable : la répartition des responsabilités repose sur les cases cochées et le croquis.
  3. Contestez une responsabilité qui vous semble injustifiée, avec photos et témoignages, auprès de votre assureur.
  4. Vérifiez votre relevé d'information à chaque changement d'assureur : une erreur de coefficient arrive.
  5. Si vous achetez un second véhicule, demandez que votre coefficient lui soit appliqué : la clause type prévoit ce transfert lorsque les conducteurs habituels sont les mêmes.

Relevé d'information et conducteur secondaire : ce qu'il faut savoir

Le relevé d'information est le document qui retrace votre historique d'assurance : identité du souscripteur et des conducteurs désignés, date du permis, sinistres des dernières années avec la part de responsabilité, et coefficient de réduction-majoration. L'assureur doit vous le remettre à la résiliation du contrat, et dans un délai de 15 jours si vous en faites la demande.

C'est grâce à ce relevé que votre bonus vous suit d'un assureur à l'autre. Le nouvel assureur est tenu d'appliquer le coefficient qui y figure. Vous ne perdez donc pas votre bonus en changeant de contrat, y compris en résiliant grâce à la loi Hamon après un an.

Le cas du conducteur secondaire

Le coefficient est attaché au contrat et à son souscripteur. Un conducteur secondaire ne construit donc pas, juridiquement, son propre bonus. En revanche, il est mentionné sur le relevé d'information, et de nombreux assureurs tiennent compte de ces années d'expérience déclarée lorsqu'il souscrit son propre contrat. C'est un levier précieux pour un jeune conducteur qui veut payer moins cher.

Attention en sens inverse : un accident responsable causé par le conducteur secondaire est imputé au contrat et pénalise le coefficient du souscripteur. Prêter régulièrement son véhicule n'est donc jamais neutre.

Comment Unicen vous accompagne

Un bon bonus est un atout : encore faut-il qu'il soit appliqué à une prime de référence compétitive. Nous lisons votre relevé d'information, vérifions votre coefficient et mettons en concurrence nos assureurs partenaires pour votre assurance auto, votre assurance moto ou scooter ou votre camping-car.

Malus élevé, résiliation ou simple envie de payer le juste prix : découvrez toutes nos solutions auto et mobilité, et nos conseils pour choisir entre une assurance au tiers ou tous risques.

Questions fréquentes

Où trouver son coefficient bonus-malus ?
Votre coefficient figure sur votre avis d'échéance annuel et sur votre relevé d'information. Vous pouvez demander ce relevé à tout moment à votre assureur, qui doit vous le transmettre dans les 15 jours. Il est aussi remis automatiquement lorsque le contrat prend fin.
Le bonus-malus est-il perdu après une interruption d'assurance ?
Le coefficient n'est pas effacé du simple fait d'une interruption : il reste celui de votre dernier relevé d'information. En pratique, après une longue période sans assurance, souvent au-delà de deux ou trois ans, les assureurs peuvent vous considérer comme un conducteur sans antécédents récents et appliquer une surprime. Conservez précieusement vos anciens relevés.
Combien coûte un accident responsable sur plusieurs années ?
Le coût dépend de votre coefficient et de votre prime de référence. Un sinistre responsable augmente le coefficient de 25 % à l'échéance suivante, puis la baisse de 5 % par an reprend. Le surcoût s'étale donc sur plusieurs années, ce qui justifie de comparer avec le prix d'une réparation payée de votre poche pour un petit dommage.
Mon bonus s'applique-t-il à une deuxième voiture ?
Oui, dans la plupart des cas. La clause type prévoit que le coefficient acquis sur un véhicule peut être transféré à un véhicule supplémentaire, à condition que les conducteurs habituels soient les mêmes. Demandez-le explicitement à la souscription du second contrat.
Un accident à l'étranger compte-t-il dans le bonus-malus ?
Oui. Un accident responsable survenu à l'étranger avec votre véhicule assuré en France est géré par votre assureur et pris en compte dans le calcul de votre coefficient, comme un accident en France. La carte internationale d'assurance indique les pays où votre contrat s'applique.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles citées peuvent évoluer : contactez un conseiller Unicen pour une analyse de votre situation.

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